Viols massifs en RDC : à quand la poursuite des auteurs ?

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Alors que la mission du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’Homme (BCNUDH) vient de publier son rapport d’enquête sur les atrocités de juillet 2010, où en quatre jours, 300 femmes, 23 hommes, 55 filles et 9 garçons ont été violés par des éléments de groupes armés rebelles, dans la région de Walikale au Nord Kivu, la FIDH et ses organisations membres en RDC, le Groupe Lotus, la Ligue des Électeurs et l’ASADHO regrettent vivement que, près d’un an après ces événements, les victimes et la population souffrent encore de l’incapacité du gouvernement congolais à assurer une justice efficace.
« À ce jour, seule une personne aurait été arrêtée et inculpée pour ces viols. Le manque de progrès dans les enquêtes officielles et dans les poursuites judiciaires contre les auteurs de ces crimes favorisent leur répétition », a souligné Paul Nsapu, Président de la Ligue des Électeurs et Secrétaire général de la FIDH. 

Les crimes perpétrés à Walikale s’inscrivent dans le cadre de pratiques généralisées de viols massifs perpétrés de façon quotidienne en RDC depuis plus de 10 ans, en toute impunité. D’après des informations parvenues à nos organisations, entre le 10 et le 13 juin 2011, plus de 200 hommes armés ont attaqué les femmes à Abala, Kanguli et Nyakiele dans le province de Sud Kivu. Plus de 200 femmes ont déclaré avoir été victimes de viols. Selon les témoignages recueillis par une mission conjointe des agences des Nations Unies et des ONG locales, il ne fait aucun doute sur l’identité des hommes à l’origine de ces attaques. Il s’agit de troupes armées menées par Nyiragire Kulimushi, alias le « Colonel Kirafu ». Une enquête militaire sur ces événements serait en cours.

Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH, a déclaré :
« Les viols massifs et collectifs commis dans l’est de la République Démocratique du Congo sont des crimes contre l’humanité et doivent être poursuivis et sanctionnés par la justice congolaise, ou à défaut par la Cour pénale internationale. » 

Nos organisations appellent le gouvernement Congolais à renforcer ses efforts afin de poursuivre les auteurs de ces crimes devant la justice nationale. Au delà du devoir de justice, le gouvernement doit assurer la protection des victimes qui sont en proies à des représailles et au rejet de la part de leurs communautés.

La FIDH, le Groupe Lotus, la Ligue des électeurs et l’ASADHO appellent le procureur de la CPI à poursuivre ses enquêtes sur les viols massifs et systématiques commis dans les provinces des Kivus, au titre des articles 7 et 8 du Statut de Rome, y compris ceux perpétrés à Walikale. La FIDH rappelle que ces crimes devraient également entrer dans le champs de compétence des tribunaux spéciaux en cours de création en RDC.

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